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  • Jérôme Beaufils

Les recruteurs adoooorent les dépressifs


Chercher un emploi est un emploi en soi. Oui c’est prenant de chercher un emploi. Oui cela demande un investissement personnel important. Oui c’est fatigant, usant parfois. Alors bien sûr vous me dire qu’une période de chômage peut recéler du positif, et c’est vrai : l’occasion de se poser, de prendre du recul, de réfléchir à ses envies, de faire des rencontres passionnantes dans le cadre du réseau. Mais allez dire à un demandeur d’emploi que le chômage c’est hyper chouette, vous me direz s’il vous a accueilli à bras ouverts.


Une période de chômage a rarement été choisie. Et cela laisse des traces. S’il n’y prend garde, le demandeur d’emploi fait face à une solitude à laquelle il n’était pas habitué lorsqu’il travaillait. Les transports, les collègues, la machine à café, la pause resto du midi… Le travail offre mille occasions de relations sociales. Enfermé chez lui, le chômeur trouve rarement dans son face-à-face avec son ordinateur la même ouverture aux autres, loin s’en faut. Chômage, solitude, difficulté, espoir. Cela me fait penser à cette question que posait l’humoriste Pierre Desproges dans l’un de ses sketches : « Je vous donne quatre mots, vous devez trouver l’intrus : cancer, métastase, Schwartzenberg (un célèbre cancérologue), avenir. »


Vous l’aurez compris, rester seul à se morfondre chez soi, c’est l’assurance de voir son moral chuter à vue d’œil. Un engrenage négatif qui n’a aucune chance de vous mener à l’emploi. Mais comme disait l’autre, les solutions, elles existent !


· Faites-vous accompagner


Alternez moments de recherche seul et moments partagés avec une ou plusieurs personnes. Si vous avez un proche dans la même situation que vous, organisez-vous des moments communs. Cela peut être chez l’un ou l’autre. Et pourquoi pas à l’extérieur : dans un café, une brasserie, un parc quand il fait beau. Le changement de cadre fait du bien. Autre solution, rejoindre une association d’aide à la recherche d’emploi. Il en existe une multitude, certaines sont nationales, d’autres locales. Vous pouvez également faire appel à un coach. C’est un professionnel qui connaît bien le domaine de la recherche d’emploi et sait vous mettre dans les bonnes conditions pour être efficace. Son accompagnement est réellement personnalisé et il vous consacre le temps dont vous avez besoin, ce qui manque souvent dans beaucoup de structures.


· Entourez-vous des personnes positives


Le négatif entraîne le négatif, le positif entraîne le positif. Ce n’est pas la méthode Coué ou un mantra de gourou du positif qui vous vendrait le bonheur. C’est un simple constat. J’ai eu récemment un contact avec un homme en recherche d’emploi à qui quelqu’un avait tenu un discours absolument négatif, voire démoralisant, en lui disant qu’il n’aurait jamais dû signer une rupture conventionnelle à bientôt 50 ans. Peut-être. Mais est-ce un discours apte à l’aider, à le mettre dans une posture positive qui lui donne confiance pour avancer ? Evidemment non. Fuyez ce genre de personnes et préférez celles qui vous font du bien. Je me souviens avoir été accompagné il y a longtemps dans le cadre d’une recherche d’emploi alors que j’en connaissais bien les codes. Je sortais requinqué de chaque entretien et ce bien-être me suivait plusieurs jours et m’a beaucoup aidé.


· Sortez !


Non je ne vous mets pas à la porte. Je vous donne simplement un conseil : autorisez-vous des sorties : une balade, la visite d’une exposition dans un musée (ils sont gratuits pour les demandeurs d’emploi), du sport, un ciné (certains réseaux offrent des réductions, c’est le cas de MK2). Idéalement, faites-le à plusieurs. Et surtout, ne culpabilisez pas. Vous autoriser une respiration dans le cadre de votre recherche d’emploi, c’est vous assurer un moral positif, source de bien-être et d’efficacité. Cela vous requinque et vous place dans les bonnes conditions pour réaliser votre objectif. Lors d’un entretien, vous serez beaucoup plus convaincant souriant, positif et le teint légèrement hâlé, plutôt que terne, l’air fatigué et le moral dans les chaussettes.


· Tenez à jour un carnet du positif


Lorsque les jours et semaines passent sans que les portes d’un nouvel emploi s’ouvrent à vous, il est facile de tomber dans une vision négative de sa recherche. « Je n’ai rien fait, je n’avance pas, je n’y arriverai jamais. » Le problème est qu’à moins de vous tourner les pouces toute la journée sur votre canapé devant la télé, ces mots ne correspondent pas à la réalité. Vous avancez, vous menez des actions concrètes, vous mettez en place les moyens de votre réussite, mais vous n’êtes pas capable de le reconnaître. Une recherche d’emploi est faite de multiples petits pas. C’est le principe du kaizen, une démarche japonaise qui repose sur des petites améliorations quotidiennes. Des petits pas pour une avancée réelle. Vous avez refait votre CV ? Notez-le. Vous avez envoyé quatre candidatures aujourd’hui ? Notez-le. Vous avez rencontré plusieurs entreprises sur un salon ? Notez-le. Au fur et à mesure, vous constaterez vous-même la richesse de vos actions. En cas de baisse de moral, relisez votre carnet et sachez vous reconnaître votre implication. Elle n’a pas encore payé, d’accord, mais vous avez mis en place les conditions de votre réussite.

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