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  • Jérôme Beaufils

Jeunes diplômés sans expérience, vous êtes fichus !


C’est une question habituelle liée à un problème récurrent : comment intégrer une entreprise comme jeune sans expérience quand la plupart vous en demandent plusieurs années ?


D’abord, sachez qu’un recruteur recherche souvent le mouton à cinq pattes. Pourquoi se priverait-il d’un employé idéal s’il en trouve un qui répond à tous ses critères ? La réalité est souvent différente. Le principe de réalité s’applique au marché de l’emploi et au recruteur, comme à celui de l’immobilier : puisque vous ne trouverez pas forcément l’appartement de vos rêves, vous finirez par être moins gourmand et laisser de côté certains de vos critères. Même chose pour le recruteur, qui s’ouvrira à des profils qui ne remplissent pas 100 % des critères de son annonce. Et donc à des jeunes diplômés qui ont beaucoup de compétences et motivations à leur offrir.


Ensuite, l’expérience ne se construit pas uniquement par le biais d’un contrat de travail. A vingt ou vingt-cinq ans, vous avez déjà du vécu. Un choix d’études, une ou des formations suivies, une participation active au BDE, des projets présentés seul ou en équipe, des petits boulots, des stages, du bénévolat… Autant d’occasions de parler de vous, de vos réalisations, des compétences développées, des relations construites. Posez-vous, prenez du recul et réfléchissez à tout ce que vous avez fait à l’occasion d’un stage, d’un job d’été, d’une mission bénévole : vous verrez la multitude de compétences et qualités que vous pouvez valoriser. Un stage aujourd’hui dure souvent plusieurs semaines voire plusieurs mois, et mis à part la rémunération (arghhhh !!) il est bien souvent similaire à un vrai contrat de travail. Avec de réelles missions, le travail en équipe, la confrontation à une organisation de travail, un environnement professionnel. Même chose pour un petit boulot d’étudiant le soir ou le week-end, ou un job d’été. Quand vous êtes serveur dans un fast-food ou vendeuse dans une boutique de prêt-à-porter, quand vous vendez des gaufres, glaces et sodas dans une baraque sur la plage quand d’autres se font dorer la pilule, soyez convaincu que ce temps passé ne vous rapporte pas uniquement un salaire. Vous développez et démontrer de la patience, de l’écoute, un sens du service, de la rigueur. Une multitude de qualités – les fameuses soft skills – que recherchent les entreprises.


Que disent de vous ces expériences ?


Plein de choses ! Que vous avez réfléchi, que vous connaissez le monde du travail et ses exigences, que vous savez ce qui vous motive. Vos compétences développées lors de vos études et de ces activités, c’est bien évidemment, mais votre motivation est essentielle. Elle fera réellement la différence. Un recruteur préfèrera un candidat un poil moins qualifié mais très décidé à s’investir pour une entreprise, un projet et une équipe qui le motivent, à un candidat premier de la classe mais dont l’envie est aussi peu visible que le monstre du Loch Ness en pleine brume de novembre.

Tous ces éléments disent qui vous êtes. Votre personnalité peut séduire instantanément. J’ai accompagné des candidats à la personnalité marquante et qui rayonnaient littéralement. J’aurais mis ma main à couper qu’ils allaient trouver un emploi très rapidement. Et j’ai gardé ma main…


Un ami recruteur me le disait récemment : « J’interroge systématiquement les candidats que je rencontre sur leurs centres d’intérêt. Je me fiche qu’ils fassent du tennis, de la poterie, du trek au Maroc ou qu’ils soient DJ le week-end au Macumba Night. Ce qui m’intéresse, c’est pourquoi ils le font et comment ils en parlent. Leur discours est moins formaté que celui sur leur parcours professionnel et j’en apprends beaucoup sur leur personnalité. » Toutes les activités bénévoles ont le même intérêt, avec l’avantage supplémentaire de donner une image positive d’ouverture aux autres, de générosité. C’est une évidence qu’il est bon de rappeler : le monde de l’entreprise, que ce soit en interne ou vis-à-vis des clients, est un monde du relationnel et de l’humain. Ce qui explique pourquoi le recruteur tient tant à connaître votre personnalité.


Comment valoriser tout ça ?


Sur votre CV, en enrichissant vos contenus, en expliquant vos projets menés pendant vos études, en détaillant et expliquant vos centres d’intérêt (par pitié, pas de « cinéma, sport, voyage, lecture ») sur votre profil LinkedIn, qui a l’avantage de vous permettre d’en dire plus sur vous : par votre texte de présentation, par des recommandations, par des posts que vous publiez ou que vous relayez en les commentant.


Soyez pragmatique et parlez réellement de VOUS. C’est vous que l’entreprise veut recruter. C’est vous que le recruteur veut découvrir au travers de vos outils écrits et de votre discours en entretien. Ne soyez pas un autre. Et surtout ne soyez pas personne. Recruteur et opérationnel ne veulent pas entendre de votre bouche ce que leur entreprise pourra vous apporter. Soyons clair : c’est tout l’inverse. Ce que VOUS leur apportez. Eh oui, souvenez-vous que l’entreprise vous paye. Ça n’interdit pas le gagnant/gagnant.

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